Discours de Philippe Brochet, maire de Chamblay, à l'occasion de la 82ème commémoration de la Libération du Val d'Amour le 5/09/2026 (4/09/1944).
Madame la Sénatrice,
Monsieur le Sénateur,
Madame la Députée,
Madame la Conseillère régionale, représentante de Monsieur le Président du Conseil régional,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Mesdames et Messieurs les Conseillers départementaux,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs les maires, adjoints et conseillers municipaux,
Mesdames et Messieurs les présidents et membres des associations patriotiques,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le 82e anniversaire des combats qui se sont déroulés du 29 août au 5 septembre 1944 et qui ont conduit à la libération du Val d’Amour.
Pour comprendre ce qui s’est passé ici, il faut revenir quelques semaines en arrière.
Après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, les Alliés et l’armée française débarquent en Provence, le 15 août, dans la région de Toulon.
Ce sont 350 000 hommes qui débarquent, dont 230 000 soldats français sous le commandement du général de Lattre de Tassigny.
À partir de là, l’armée américaine et l’armée B française progressent rapidement dans la vallée du Rhône. Les poches de résistance allemandes, notamment à Marseille, sont réduites par l’armée française.
La jonction avec les armées venues de Normandie aura lieu les 11 et 12 septembre, en Bourgogne.
Pendant ce temps, dans le Val d’Amour, la situation reste relativement calme jusqu’à la fin du mois d’août.
Quelques sabotages ont lieu sur la voie ferrée Dole–Arc-et-Senans–Mouchard. Des locomotives stationnées en gare de Mouchard sont également partiellement détruites.
Mais le 25 août, la situation évolue.
L’armée allemande installe à Belmont une ligne de défense avancée, adossée à la forêt de Chaux, avec plusieurs centaines d’hommes.
Puis, le mardi 29 août au matin, une quarantaine de soldats de la Wehrmacht, après une patrouille à Ounans, se rendent à Santans et à Montbarrey. Dans ces deux villages, ils pillent de la nourriture et des bicyclettes.
Le même jour, un groupe de résistants s’installe à Montbarrey pour attaquer la garnison de Belmont. Une trahison fait échouer cette opération. La Résistance donne l’ordre de se replier. Quatre résistants et un habitant du village sont tués.
A Chamblay, un groupe d’environ 200 résistants prend position, avec pour mission d’interdire tout passage.
En début de soirée, une cinquantaine d’Allemands à bicyclette, armés de fusils, de fusils-mitrailleurs et d’un mortier, arrive à Ounans. Ils avancent prudemment vers Chamblay, au lieu-dit « La Corvée ».
Après un moment de discussion entre les Allemands et les résistants, les fusils-mitrailleurs de la Résistance entrent en action. Les Allemands se replient, laissant l’un des leurs ainsi que les munitions de leur mortier.
Deux jours plus tard, le 31 août, une patrouille allemande forte de 200 à 300 hommes quitte Belmont en direction d’Arbois, en longeant la Cuisance.
Son premier objectif est de faire sauter les ponts situés sur cette rivière. La colonne est accrochée le jour même entre Vaudrey et La Ferté par les FFI. Elle passe la nuit à la Ferté.
Le 1er septembre, cette colonne reprend sa route vers Arbois. Les ponts sur la Cuisance sautent successivement : à La Ferté vers 8 heures, à Mathenay-Vadans vers 11 heures, puis à Arbois.
Le 2 septembre, elle disparaît à proximité d’Arbois.
Puis arrive le 4 septembre.
Ce jour-là, la colonne reprend la route vers sa base de Belmont.
À La Ferté, elle se scinde en deux groupes. L’un rentre par Vaudrey, l’autre emprunte le chemin forestier entre La Ferté et Chamblay pour arriver au hameau des Enclos.
Le même jour, une autre colonne allemande quitte Belmont avec trois camions chargés d’explosifs et deux voitures, avec pour mission de détruire les ponts sur la Loue.
Vers 7 heures, ce groupe passe à Chissey-sur-Loue. Le résistant Rosseti est présent lors de son passage. Il part en voiture vers les Salines d’Arc-et-Senans pour donner l’alerte.
Après avoir rendu compte de la situation, un motard est envoyé à Chamblay pour prévenir les résistants.
Renvoyé à son poste, Rosseti rencontre le convoi allemand à la sortie ouest d’Arc-et-Senans. Rosseti est tué et Jacquot est blessé.
Le convoi allemand opère un demi-tour et se dirige vers le pont de Chissey, qui saute vers 9 heures.
L’alerte ayant été donnée, la Résistance prend position à Chissey et Chatelay pour tenter bloquer le convoi.
Peu avant le carrefour Chissey–Germigney–Chatelay–Chamblay, les compagnies de résistants Yser et Verdun ouvrent le feu.
Les forces disponibles aux Salines sont alors dirigées vers le pont de Chamblay afin de prendre le convoi allemand à revers. Un combat acharné s’engage. Il va durer au moins deux heures.
A l’issue de cette confrontation, 17 Allemands sont tués et 23 faits prisonniers. Trois camions et une voiture sont saisis. Le lendemain, les 23 prisonniers seront exécutés près du village de Liesle.
À la suite de ces combats, les ponts de Cramans, Chamblay et Ounans restent ouverts aux forces alliées.
Pendant ce temps, la colonne allemande arrivée au hameau des Enclos poursuit sa progression par la rue du Bois.
Dans cette rue, les Allemands pillent l’argent et les bijoux et prennent en otage plusieurs hommes qui se trouvent dans les maisons : Claude Henrioud et son fils Pierre, Dominique Descombe, Félix Raichon, Henri Pouthier, Auguste Aigrot, Lazare Brochet, le plus jeune, Bernard Bruet, âgé de 14 ans, Edouard Conry, Herbert Saurensaine et l’instituteur Raymond Ponsot.
Après un premier accrochage avec des résistants, au cours duquel l’un des leurs est tué, les Allemands placent les otages devant eux. Ils tirent par-dessus leurs épaules sur les hommes de la Résistance qui se retirent.
C’est au cours de ces tirs qu’Alfred Gros, 31 ans, qui travaille dans les champs, est blessé. Il mourra dans la nuit à l’hôpital de Salins. Le résistant Rahoux est également abattu.
Les otages sont ensuite emmenés devant l’Hôtel du Balcon pour y être fusillés.
Vers 14 heures, deux véhicules de la Résistance arrivent pour renforcer le groupe de résistants positionné sur le pont entre Chamblay et Ounans. Les Allemands ouvrent le feu sur les véhicules. Plusieurs résistants sont tués et blessés, parmi lesquels le Lieutenant Muller, dit Allard, et son chauffeur Tisserand.
Parmi les otages, quelques anciens combattants de la Première Guerre mondiale prennent alors une décision courageuse. Ils entraînent le groupe dans les champs derrière l’hôtel, afin de se mettre à l’abri.
Pendant ce temps, d’autres sections allemandes prennent la direction d’Ounans. Arrivés vers la maison du maréchal-ferrant, un groupe de combat prend cinq hommes en otage : Louis Bruet, âgé de 67 ans, Jacques Brochet, âgé de 16 ans, Antoine Gaillard, Emile Guillaume et Louis Vautrey.
Louis Bruet, qui porte un ceinturon militaire, est exécuté. Les quatre autres sont sauvés par l’arrivée de la Résistance.
Puis, au pont qui traverse le ruisseau de Clairvans, les Allemands se retrouvent face à un petit groupe de résistants.
C’est un combat très inégal. D’un côté, des soldats allemands aguerris et de l’autre de jeunes hommes sans expérience, en sous-effectif. L’accrochage est meurtrier.
Rapidement débordés, les résistants se cachent et se dispersent pour sauver leur vie. Le lieutenant allemand est blessé au cours des combats.
Les résistants tués sont Joseph Boukarine, Maurice Francioli, Henri Lance, André Letivent, Robert Pernet et Alphonse Rigaud.
Ce 4 septembre est un jour noir pour la Résistance : neuf des siens perdent la vie à Chamblay et plusieurs autres sont blessés.
La colonne allemande regroupée reprend alors la direction de Belmont en passant par Ounans et Mont-sous-Vaudrey. Arrivée à Ounans, trois hommes sont pris en otage, Clovis Vacheret et son fils Francis, ainsi qu’Edouard Limat. Les Allemands menacent de les fusiller.
Vers 16 heures, à proximité du pont de Vaudrey, deux électriciens, Fernand Curie et Marcel Drogrey, perdent la vie lors d’un accrochage avec une avant-garde américaine et les Allemands.
Un détachement américain plus important, accompagné de chars, suit l’avant-garde. Les soldats passent la soirée à Mont-sous-Vaudrey.
Environ une heure après leur passage, deux jeeps américaines venant de Mouchard, arrivent en renfort, accompagnées de FFI. L’une est armée d’une mitrailleuse, l’autre d’un canon d’infanterie. Elles doivent aller jusqu’à Mont-sous-Vaudrey avant de rencontrer les Allemands.
Dans la soirée, les trois hommes pris en otage rentrent finalement à Ounans.
Le lendemain matin, tout change. Des jeeps et des autos blindées passent à toute allure à Ounans et Chamblay. Elles sont acclamées par la population.
Cette fois, la Libération est là.
Le 4 septembre au soir, les Allemands retirent une partie de leurs troupes et les dirigent sur Dole.
Le 5 septembre vers 11 heures, ils évacuent totalement la base de Belmont après avoir fait exploser le pont qui traverse la Loue.
Dans le Val d’Amour, cette journée du 4 septembre 1944 restera donc à jamais particulière.
Elle fut à la fois un jour d’angoisse, un jour de combats meurtriers, un jour où des hommes sont tombés pour la liberté.
Mais elle fut aussi le jour où la Libération est devenue une réalité.
Aujourd’hui, 82 ans plus tard, nous sommes réunis pour nous souvenir.
Nous souvenir de ceux qui ont combattu.
De ceux qui ont résisté.
De ceux qui ont été tués.
Et de tous ceux qui, parfois au péril de leur vie, ont contribué à rendre possible cette Libération.
À travers cette commémoration, nous leur rendons hommage.
Et nous transmettons leur mémoire aux générations qui nous suivent.
Car se souvenir, c’est aussi faire vivre leur engagement et rappeler le prix de la liberté
COMPOSITION ET MISSIONS
(en vert, les commissions à la CCVA)

Philippe BROCHET
MAIRE
Toutes attributions (R Bâtiments/Jumelage/Voirie/Crues Digue/Elections/PCS et PPRI/Eau Asainisement)
Conseil Communautaire
RH et service aux communes
Mobilités
Environnement et Biodiversité
SIDEC CLECT
Syndicat Mixte Doubs/Loue

Martine KREUZER
1er Adjoint
Toutes délégations du maire
Jeunesse (R) : GS et
Resp.
Communication (R)
Voirie / Bâtiments
PCS et PPRI
Jumelage
Conseil communautaire
SIVOS
Enfance Jeunesse
RH et service aux communes
CEREMA

Gilbert HENRIOUD
2ème Adjoint
Salle des fêtes (R)
Social
Gestion Forêt
SICTOM
Correspondant Défense
Ordures Ménagères

Maryse GALLOIS
3ème Adjoint
Responsable
Commission Sociale
ADMR
Resp.Fleurissement
Fêtes et Cérémonies
Service à la population et vie sociale

Marianne CARTIGNY
Conseillère
Cimetière ( R)
CCommunication
Vice-Présidente SIVOS "La Loue" en charge des finances
Budget-Finances_Gestion du patrimoine

Jean-Pierre GROS
Conseiller
Gestion de la Forêt (R)
SICTOM (R)
PCS et PPRI
Voirie / Bâtiments
SICTOM CCVA
Ordures ménagères
Aménagement du territoire

Jean-Bernard BRUET
Conseiller
Voirie-Eclairage
Eau Assainissement
Conseil Exploitation eau et assainissement

Jean-René PETETIN
Conseiller
Fêtes et Cérémonies (R)
Jeunesse : relation jeunes
et gestion local
Communication
Affaires sociales

Jean-Baptiste ROSSET
Conseiller
Voirie Eclairage
Fêtes et Cérémonies
Commission Electorale

Elise GRAPPE
Conseillère
Communication
Social

Charlène JEANVOINE
Conseillère
Commission Jeunesse
Sivos
Communication
Sociale
LES EMPLOYÉS COMMUNAUX

Edwige GAUCHET
Secrétariat de Mairie
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Corentin DEGAY
Espaces verts
Travaux d'entretien
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Yvonne FIGUEIREDO
Agence Postale
